27
août

Parution : Florence - Jean-Louis Ruffel

   Ecrit par : Thomas Riquet   et classé dans Annonces & Previews

«Florence» de Jean-Louis Ruffel [07.03]

«Elle s’était assise sur le bord du lit, les yeux tournés vers la fenêtre sans rideau. Il se dirigea vers le lavabo. Il ouvrit le robinet. L’eau se mit à couler violemment à grands jets bruyants et saccadés. Dans le miroir jauni, il voyait le visage de Florence de biais, son buste un peu voûté et la pointe d’un sein. Elle ressemblait à l’un de ces mannequins de plastique dont on a ôté les vêtements et que l’on voit, après les fêtes, aux vitrines dévastées des grands magasins.
Elle lui sembla vieille, malade, étrangère, hostile. Il se demanda ce qu’il foutait là, comme un grand con, avec son truc à l’air, le slip au ras des fesses…»
Une rencontre de rue entre un homme et une femme. De l’amour tarifé en lieu et place de la tendresse espérée. Des êtres incapables de se parler, voire de se toucher vraiment. Jean-Louis Ruffel aborde ici l’impossibilité de la relation entre deux personnes, l’incapacité d’échange qui les rend l’un et l’autre incapables de l’ouverture nécessaire…

L’auteur : Parallèlement à ses études puis à sa vie professionnelle en entreprise, Jean-Louis Ruffel écrit des nouvelles et des pièces de théâtre depuis l’âge de 17 ans.
La littérature est pour lui ce qui lui permet d’approfondir sa propre humanité, un pont qu’il jette vers le mystère de sa destinée et de son existence.
A 60 ans, Jean-Louis Ruffel vit aujourd’hui en Provence dans la commune de Carry-le-Rouet où il tente de se consacrer entièrement à son rêve de trouver un jour, grâce à l’écriture, le lieu et la formule.

Le site de l’éditeur

Voici un nouveau petit fascicule des Editions Tranches de l’Art. Toujours aussi truculent les deux auteurs nous emmènent cette fois-ci sur les traces de langues et de peuples inconnus tels les “hyankees”. Les jeux de mots sont au rendez-vous comme d’habitude avec ces éditions à la fois si particulières mais si réjouissantes. Une fois de plus je conseille ce fascicule à toute personne aimant rire de jeux de mots et d’humour lettré. A bientôt avec un nouveau pan de leurs publications…

25
août

Parution : Hôtel de Lausanne - Thierry Dancourt

   Ecrit par : Thomas Riquet   et classé dans Annonces & Previews

Daniel, le narrateur, rencontre une jeune femme « à l’allure de princesse fatiguée », Christine Stretter, qui vit hors du temps, entre un père passionné de mappemondes et un fiancé se rêvant cinéaste. Dès lors, se noue une relation à part, clandestine, faite « d’attachement, de compréhension, de douceur ».

Au fil de ce roman nimbé de mystère, une géographie subtile se dessine. Dans un Paris enneigé, de rues en pente en chambres d’hôtel, des perspectives nouvelles ne cessent de s’ouvrir. Des décors finement tracés révèlent tour à tour une énigmatique patronne de café, un ancien professeur de danse en proie à la solitude puis, à Casablanca où Daniel part en quête de meubles pour le compte d’un collectionneur, un volubile gardien d’immeuble ou encore l’étrange propriétaire de deux fauteuils signés du décorateur Jean Royère. Mais une figure domine, entre ombre et lumière : celle, singulière, de Christine Stretter. Thierry Dancourt est né à Montmorency, dans le Val-d’Oise. Il travaille aujourd’hui comme rédacteur indépendant dans les domaines de l’architecture et de l’urbanisme. Hôtel de Lausanne, écrit à Paris et à Casablanca, est son premier roman.

Editeur : Editions de la Table Ronde
Collection : Vermillon
Date de parution : 25 août 2008
Nombre de pages : 176
Prix : 18 €

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«Dans mon propre foyer je n’existe pas. Parfois je me demande si je ne préférerais pas qu’ils me détestent. Au moins, j’occuperais leurs pensées, je ne serais pas seulement une ombre, indistincte et docile, qui vaque en silence aux taches ménagères et à qui jamais on ne parle si ce n’est pour ordonner.

Quand je quitte la maison, à sept heures, la ville n’est pas encore sortie de la léthargie nocturne. Les rues sont presque désertes et les sourires séduisants des femmes ornées d’or peintes sur les rideaux de fer des boutiques me narguent en silence. Elles vantent un bonheur auquel j’aspire de toute ma chair, celui d’éveiller le désir d’un homme.»

Le destin l’a affublée d’une tache de naissance indésirable et d’un mari qui ne l’est pas moins.
S’appuyant sur l’espoir d’un amour véritable auprès d’un chauffeur de car et rêvant plus que tout de devenir elle-même, Sujitha saura-t-elle se réaliser enfin ?

Après être allés visiter les galaxies lointaines avec «Le Chasseur de légendes» de Madame de K., vous voici conviés par Claudine Tissier, alias Céleste, à suivre Sujitha en Inde dans sa vie de femme mariée.

Les nouvelles publiées par les éditions Filaplomb sont comme autant de voyages mais qui tiennent vraiment dans la poche. Avouez qu’à 4,20 euros l’évasion, cela vous fait du billet d’avion pas cher !

L’auteure :

Claudine Tissier, née en 1956 dans un petit village berrichon, partage actuellement son temps entre l’Italie et la France.
Jamais lasse de contempler la planète et de rencontrer ses habitants, elle voyage, principalement en Asie.
Quand elle ne voyage pas elle enseigne.
Quand elle n’enseigne pas elle écrit.
Se sentant citoyenne du monde, elle aime, à travers l’écriture, dépeindre ce qui unit les êtres humains : les sentiments, les petits riens quotidiens.
Vous pouvez la retrouver sur son blog : www.celestissima.org

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Je viens de lire cet ouvrage. D’inspiration purement socialiste ce livre nous présente une histoire du socialisme. Etant féru d’histoire je me suis penché sur cette prose afin de mieux comprendre les mutations politiques à l’oeuvre au sein d’un des deux partis les plus puissants de notre pays. Je tiens à préciser que dans ce post ne figureront aucune de mes opinions personnelles et politiques et que je me contenterais de faire la critique de ce livre.

Les ouvrages d’histoire politique traitant du socialisme sont légion et chacun d’entre eux se targue de pouvoir donner la solution à la crise actuelle qui est traversée en regardant le passé. J’étais donc curieux en ouvrant ces pages et je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Ce premier tome, partant des origines du socialisme à travers Karl Marx traite également de Babeuf pour finir en 1947 avec le gouvernement de Léon Blum. Traités de manière précise, concise et sans concessions cette histoire du socialisme est appuyée par un style précis. Les grandes périodes du socialisme servent ici à découper le propos des auteurs : tout d’abord l’archéo-socialisme avec nombre d’idées de la révolution de 1789, puis les origines du socialisme tel que nous le connaissons à la fin du XIXe siècle avant de s’attarder sur le socialisme actuel, contemporain.

Excellent livre d’histoire il est à conseiller à toute personne souhaitant découvrir les origines du socialisme, comprendre en quoi les erreurs et les victoires du passé peuvent servir à créer un avenir radieux pour ce parti. N’est-ce pas là le but évident de l’histoire depuis la nuit des temps, depuis que l’homme sait penser ?

21
août

Parution : La Diva des Chamanes - L.C. Soubrenac

   Ecrit par : Thomas Riquet   et classé dans Annonces & Previews


Comment les mondes bien réels du showbiz, d’archéologues, d’ethnologues, de villageois du Quercy et du Périgord Noir, vont-ils croiser le monde ancestral et mystérieux du chamanisme ? Par le choc d’un meurtre. Celui d’une chanteuse sauvagement assassinée.

Les chamanes préhistoriques ont fixé, dans des dessins à la singulière beauté, les âmes des Esprits animaux messagers de leurs dieux. Ont-ils imprégné de leur puissance l’endroit le plus magique de la terre, proche de Montignac et de Rocamadour ? Un parcours initiatique peut le révéler.

Un garçon, Gus, dix ans, nous introduit dans l’histoire, quand ils découvrent un cadavre dans le jardin de leur grand père. C’est le début du thriller à la charnière du surnaturel, du fantastique et du réel, soutenus par les mythes, rites et doctrines évoquées par Mircea Eliade, James Frazer, Marie Delcourt, Platon, David Lewis-Williams, Jean Clottes, etc.

N° ISBN: 2-915763-09-7

Prix: 15.00 €

Le site de l’éditeur

20
août

Comment devenir auteur aujourd’hui et pour aboutir à quoi ?

   Ecrit par : Thomas Riquet   et classé dans Non classé

Aujourd’hui le monde de l’édition est gangrené par une rotation de plus en plus rapide des ouvrages sur les étals des libraires. Rien n’y fait, la production est de plus en plus importante chaque année et rien ne vient atténuer cette fuite en avant. La production augmente car les ventes de la plupart des ouvrages ne sont pas au rendez-vous. La base du système capitaliste de l’édition est le suivant : peu d’ouvrages sont rentables donc on en produit plus afin de rentabiliser le plus possible ceux qui ne rapportent pas d’argent. Je sais, conceptuellement c’est ridicule si l’on applique ce principe à quelque chose d’aussi particulier qu’un livre. Néanmoins cela représente la vérité économique voulue par les grands groupes financiers présidant au devenir de la culture française… Triste non?

Mais venons-en au propos exact de ce post. Il est on ne peut plus simple et impliquait ce préambule : comment devenir auteur littéraire dans cet univers éditorial ? La question bien que simple mérite d’être posée de façon claire car personne n’y a trouvé de réponse. En effet nombre de personnes en France peuvent se targuer d’avoir écrit quelques lignes sur du papier et de les avoir fait publier. Mais nous ne viendrons pas ici à définir la nature même de l’auteur, cela étant par trop difficile tant les définitions peuvent varier d’une personne à une autre.

La situation de l’auteur est la suivante : ravi d’avoir terminé la rédaction d’un manuscrit qui lui a coûté des heures et des heures d’investissement personnel sur des mois parfois des années il envoie celui-ci à un grand nombre de maisons d’édition. Mettons pour faire bonne mesure qu’il l’envoie à vingt maisons de grand renom, car ce sont celles que l’on trouve le plus facilement. Pour notre démonstration nous considérerons que ce nouvel auteur a un talent certain bien que jamais développé. Sur ces vingt maisons considérons que trois se donnerons la peine d’ouvrir les pages tapuscrites à la sueur du front de l’auteur afin de lire. Les dix-sept autres finiront soit dans une corbeille à papier, soit sur le bureau d’un stagiaire lambda afin que celui-ci imprime et envoie une lettre de refus du manuscrit avant que celui-ci termine dans la poubelle également. Pour ce qui est des trois qui seront ouverts ils seront bien entendu refusés car le planning éditorial est déjà tellement serré qu’il est difficile de caser entre deux un ouvrage dont la réalisation demanderait du temps et de l’argent non-budgeté. En effet les éditeurs prévoient à un an, parfois à deux ans, les sorties des ouvrages prévus et donc insérer un auteur inconnu dans ce rouage bien huilé sans être sûr que cela rapporte de l’argent est ardu. Il faut de plus prendre en compte qu’un nombre sans cesse plus important de livres sont des ouvrages de commande adressés à des auteurs professionnels par des éditeurs cherchant la vente avant la qualité littéraire.

Mais que peut donc faire un jeune auteur afin de publier ce manuscrit qu’il croit pourvu de qualités ? Il peut s’adresser à de petites maisons d’édition mais là aussi il va rencontrer de grosses difficultés. En effet les maisons d’édition de petite taille peuvent se permettre, heureusement, de faire avant tout attention à la qualité littéraire qu’elles publient mais il ne faut pas oublier qu’elles ont bien souvent assez peu de moyens de promotion. Cela se révèle bien souvent un problème pour elles puisque malheureusement pour vendre il faut se faire connaître, obtenir des récensions, des critiques dans les médias, des annonces au journal télévisé,… Pour leur plus grand malheur cela est impossible car la quasi-totalité des médias sont encombrés par les demandes de grandes maisons prêtes à payer plus cher le positionnement dans un quotidien qu’une maison de petite taille. Cela va donc s’avérer difficile pour l’auteur de se faire connaître d’un public large même si Internet pourvoit bien aux besoins des petites maisons de se faire connaître.

Devenir auteur est donc quelque chose de difficile que peu de gens appréhendent car au-delà de l’aspect purement difficile de la littérature il faut ajouter la difficulté à se faire éditer et à se faire connaître. Je souhaite donc bon courage à tous ceux qui veulent devenir auteur et ne pourrait que leur conseiller de s’adresser à de petites maisons sous peine de risquer de travailler pour rien car la corbeille d’une grande maison est pleine de grandes idées…

Je vais débuter maintenant une série de récensions sur de petits ouvrages reçus la semaine dernière qui sont absolument truculents. Edités par les Editions Tranches de l’Art, elle-même se disant “entreprise d’intoxications élémentaires” ces trés courts fascicules (8 pages) présentent une branche de la littérature assez peu présente qui est celle du décalé. En effet dans celui-ci un auteur n’ayant malheureusement jamais réussi à être publié par une grande maison raille, détourne et fais nombre de jeux de mots du meilleur esprit. Je ne saurais faire autrement que de conseiller à tous de se le procurer tant cette lecture est agréable et rafraîchissante, tout cela pour 2 euros, soit rien…

18
août

Parution : “L’étoile” suivi de “L’attaque” - Joaquim Hock

   Ecrit par : Thomas Riquet   et classé dans Annonces & Previews

«Le sultan a toujours aimé les choses merveilleuses. Il a, paraît-il, une vie onirique fort chargée. Il a en outre un orgueil de belle taille. C’est dire si l’idée de se retrouver soudain en possession d’une des étoiles du ciel avait tout pour le séduire, et le rendre encore plus enclin à la folie des grandeurs qu’à l’ordinaire.
Après avoir bien réfléchi à ce qu’il convenait de faire de cette nouvelle partie de son empire, il annonça de sa voix haute et claire qu’il avait l’intention de s’y rendre au plus vite…»

En couverture : illustration de Pierre Leroy

Le mot de l’Editeur :

La littérature a aussi pour fonction de se moquer de l’actualité et quand elle le fait comme ici, par l’intermédiaire de la fiction, c’est souvent une réussite.

Dans cette nouvelle, que pour moi-même je qualifie de «Conte moral et politique», Joaquim Hock nous raconte le caprice d’un sultan omnipotent.

Une nouvelle étoile apparait au ciel et le dirigeant assoiffé de toujours plus de grandeur non seulement se l’attribue mais décide de plus de s’y rendre.

Son entourage puis l’ensemble du pays est alors mis au travail pour exaucer ce souhait du souverain et permettre dans les plus brefs délais, l’extension extra-terrestre du royaume.

Qui autour de lui osera finalement lui remettre les pieds sur terre, c’est justement tout l’objet de cette histoire !

L’auteur, Joaquim Hock :

Alexandre Vialatte disait : «je suis né autrefois». Autrefois, en ce qui concerne Joaquim Hock, c’était le 27 août 1974 dans le curieux no man’s land de Belgique.

Ses activités ont été depuis cette lointaine époque diverses et variées, mais il est surtout écrivain, traducteur d’anglais et plasticien.

Dès l’âge de 10 ans, il été fortement influencé par l’œuvre d’Alfred Jarry en général, et la science pataphysique en particulier. La pataphysique est la science des solutions imaginaires, et il croit avoir fait dans ce domaine quelques petites découvertes.
Son goût pour l’incongru se manifeste par un style où il aime mêler le sens et le nonsense. L’absurde n’est jamais loin dans ses textes, mais le bizarre naît toujours du quotidien. Faire accepter comme normal par le lecteur les descriptions et les situations les moins ordinaires est ce qu’il recherche en particulier.

Auteur de nombreux contes burlesques ou fantastiques parfois publiés dans des recueils et des revues françaises et belges, il a également écrit plusieurs romans qui attendent le bon vouloir des éditeurs.

La site de l’éditeur

17
août

Mémos Alchimériques - Gabrielle

   Ecrit par : Thomas Riquet   et classé dans Critiques & Commentaires

Mémos Alchimériques

J’ai reçu il y a quelques jours un mail de Iceberg Editions me proposant de m’envoyer leur dernière parution Mémos Alchimériques afin que j’en fasse une critique ou tout au moins que j’en parle. Tenté je lui ai donc donné mon accord et je dois avouer que je ne fus pas déçu par la qualité de l’ouvrage. Mais pour une fois je vais procéder par ordre :

Tout d’abord la couverture. Soignée à souhait. Il n’y a rien de plus à dire si ce n’est que l’illustration de Martine Fassier est splendide et que la mise en forme globale de la couverture est parfaitement adaptée.

La mise en forme intérieure pourrait ne pas être à la hauteur des attentes. En effet comme on dit il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Mais là encore surprise ! La typographie est agréable, aérée et très lisible. Le papier est d’excellente qualité et l’impression est dans les standards de Jouve.

Passons maintenant au contenu en lui-même mais juste avant je ne résiste pas au fait de vous retranscrire quelques vers:

Le plomb pénétrant la cendre
devient Or
à la cour d’amour
des ces corps tisons

Du bout de la langue
comme du bout de la plume
C’est une demande en alliage
si ces envies d’étain
sur ces auras de cuivre

De mes chagrins de sel
à tes sérails de soufre
en silence
il existe un chemin
semé de chuchotis
où nous allons croiser nos yeux
écrire notre histoire….

De mascara en mascarade
je prends pour horizon
ton trait de crayon.

Ces quelques mots figurant sur le 4e de couverture nous mettent dans l’ambiance de Gabrielle. Des vers doux, délicats, empreints de tristesse. On sent derrière cette poésie les influences majeures telles que Baudelaire et ses Fleurs du Mal. Car c’est bien de là que vient cette mélancolie poétique et si agréable à l’oreille du lecteur. Cette douceur poétique sans nom est quelque chose que j’ai rarement trouvé car la poésie n’est pas quelque chose qui me touche généralement mais là Gabrielle a parlé à mon âme et c’est bien là le but de toute poésie.

J’espère bientôt pouvoir vous offrir une interview de cet auteure qui nous expliquera plus directement sa manière de voir la poésie…