«Elle s’était assise sur le bord du lit, les yeux tournés vers la fenêtre sans rideau. Il se dirigea vers le lavabo. Il ouvrit le robinet. L’eau se mit à couler violemment à grands jets bruyants et saccadés. Dans le miroir jauni, il voyait le visage de Florence de biais, son buste un peu voûté et la pointe d’un sein. Elle ressemblait à l’un de ces mannequins de plastique dont on a ôté les vêtements et que l’on voit, après les fêtes, aux vitrines dévastées des grands magasins.
Elle lui sembla vieille, malade, étrangère, hostile. Il se demanda ce qu’il foutait là, comme un grand con, avec son truc à l’air, le slip au ras des fesses…»
Une rencontre de rue entre un homme et une femme. De l’amour tarifé en lieu et place de la tendresse espérée. Des êtres incapables de se parler, voire de se toucher vraiment. Jean-Louis Ruffel aborde ici l’impossibilité de la relation entre deux personnes, l’incapacité d’échange qui les rend l’un et l’autre incapables de l’ouverture nécessaire…
L’auteur : Parallèlement à ses études puis à sa vie professionnelle en entreprise, Jean-Louis Ruffel écrit des nouvelles et des pièces de théâtre depuis l’âge de 17 ans.
La littérature est pour lui ce qui lui permet d’approfondir sa propre humanité, un pont qu’il jette vers le mystère de sa destinée et de son existence.
A 60 ans, Jean-Louis Ruffel vit aujourd’hui en Provence dans la commune de Carry-le-Rouet où il tente de se consacrer entièrement à son rêve de trouver un jour, grâce à l’écriture, le lieu et la formule.
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