Entretien avec Pierre Gévart, rédacteur en chef de la revue GalaxieSF

Mythologica.net : Bonjour Pierre, et bienvenue sur Mythologica. Pourrais-tu tout d’abord présenter tes multiples casquettes à nos lecteurs afin qu’ils puissent mieux te connaître ?

Pierre Gévart : Bonjour, et merci de me recevoir.  Casquettes ? Il y en a une vraie, celle de sous-Préfet, mais ce n’est pas le sujet, je crois. Il y a encore celle de Professeur d’Université associé, celle de directeur de collection aux éditions de l’Etudiant, celle d’auteur d’ouvrages académiques et universitaires, mais nous ne sommes pas encore dans le sujet. Je suis aussi auteur dramatique, j’ai animé une émission de radio pendant plusieurs années, j’écris des nouvelles, qui remportent parfois des Prix, des romans (dont un dans la collection anticipation de Fleuve noir), j’organise à l’occasion des conventions de science-fiction, je suis le fondateur du fanzine Géante rouge, et enfin, à ce jour, le rédacteur en chef de Galaxies. Cela me laisse heureusement encore un peu de temps pour être époux, père, et grand-père !

M.net : Commençons par tes activités de rédacteur en chef de la revue Galaxies. Comment en es-tu venu à prendre la suite du travail de l’équipe précédente ?

P.G. : Assez simplement : Géante rouge existait depuis une dizaine de numéros, et il s’en disait plutôt de bonnes choses. Stéphanie Nicot l’avait même cité deux fois dans son Galaxies. Et puis, galaxies-Nicot a connu une fin difficile, comme on le sait, et Stéphanie est venue me proposer la reprise à Nantes, aux utopiales 2007. C’était pratiquement la première fois que nous nous parlions. J’ai demandé l’avis de Nicole (ma compagne et mère de mes enfants), et deux minutes après nous concluions. A Sèvres, nous avons mis au point la stratégie de communication, à Noël, ce fut dit, et à l’été ce fut fait…

M.net : J’ai cru comprendre que le numéro 0, sorte de test, ne s’était pas avéré très concluant et avait permis à toute l’équipe de revoir sa copie afin de proposer une meilleure qualité au fil des numéros. Cette recherche de la qualité se sent également toujours puisque j’ai reçu il y a quelques jours le dernier numéro et qu’il semble encore meilleur que le précédent. Après 11 numéros penses-tu pouvoir encore améliorer la qualité tant intérieure qu’extérieure de la revue ?

P.G. : Non, il n’y a pas eu de numéro 0. Mais le Numéro 1 a connu des problèmes techniques. La couverture a été ratée, il y a eu ajout de pages blanches non souhaitées… Bref, le numéro lancé aux Imaginales 2008 était un peu laid. J’ai décidé d’envoyer le tirage au pilon, Olivier Girard (si ! c’est lui) m’a aimablement tuyauté auprès de son imprimeur, et nous avons sorti le même numéro, corrigé de quelques coquilles, en juillet 2008. Bien entendu, le numéro était perfectible, mais franchement, s’il n’avait pas été concluant, j’aurais abandonné ! Je ne renie en rien ce premier numéro.

M.net : Comment se déroule ton travail pour préparer un numéro ?

P.G. : Il commence bien en amont, avec le choix du dossier, au fil des rencontres, des idées, de l’actualité, de la curiosité. Bref. Quand l’idée est là, il me faut un rédacteur pour le dossier. Celui-ci se charge des articles, de l’interview, de la ou des nouvelles liées. Dès qu’un numéro est sorti, je bascule en rouge le texte, je le renomme N+1, pour garder le bénéfice de la maquette, et je recherche trois ou quatre nouvelles pour la première partie. Que je mets en place, dans leur langue d’origine. Ensuite, les traducteurs éventuels se mettent au travail, les rédacteurs des rubriques régulières m’envoient leur travail, Laurianne Gourrier en parallèle est la véritable rédactrice en chef de la partie « Chroniques de lecture », et au fur et à mesure des rentrées, je mets en page, en noir. Ainsi, j’ai toujours sous les yeux le numéro à venir, dans son état d’avancement. Parallèlement, je cherche une illustration, j’en négocie l’achat et je la passe enfin au maquettiste de couverture, avec les publicités des trois autres panneaux. Quand tout est rassemblé, je rédige l’éditorial, puis je triture les interlignes et l’espacement des caractères pour que tout cela tienne bien dans 192 pages. Je relis alors le tout, puis je le passe aux deux correcteurs relecteurs, et parfois à l’auteur du dossier, pour décoquillage. Tout étant au point, j’envoie les Pdf (Textes et couverture) à l’imprimeur, qui me renvoie le bon à tirer. Dix jours plus tard, le numéro est livré. C’est alors Nicole qui prend les commandes : tirage des étiquettes, des lettres de rappel de fin d’abonnement, mise sous enveloppe, et enfin remise aux services de la Poste, qui procèdent à l’affranchissement et à l’acheminement.

M.net : J’ai eu l’occasion d’observer  la manière peu courtoise dont une revue concurrente se gausse de Galaxies à travers un prix littéraire, ma foi fort peu crédible. Que penses-tu d’une telle attitude ? Quelle est la réaction de ton équipe qui pourtant se donne à fond pour chaque sortie ?

P.G. : Mon père était artisan et avait deux concurrents dans notre commune : le premier avec lequel il avait de bonnes relations, allant jusqu’à l’entr’aide. Le second avec qui pendant trente ans cela a été une guerre dissymétrique : l’autre organisait tous les coups tordus, mon père se contentait de l’ignorer. Je préfère le premier type de relation, même si derrière l’outrance inutile et boutonneuse des insultes j’ai toujours su recueillir le miel de la critique pour en tirer des  améliorations, je crois visibles.

M.net : Que peux-tu nous dire sur les sommaires des prochains numéros, sur les dossiers ?

P.G. : Très facilement : Le No12 – dossier E.C. Tubb ; le No 13 – dossier Joelle Wintrebert – le No 14 dossier Ugo Bellagamba ; le No 15 – dossier SF scandinave ; le HS 2011 : actes du colloque « Le politique et la science-fiction… J’ai même ceux de l’année suivante, mais là, je laisse encore planer un peu de mystère.

M.net : Passons maintenant à ta facette « auteur » puisque tu as signé une novella chez Argemmios (Et la porte là-bas qui se fermait…) mais également quelques nouvelles. Comment fais-tu pour conjuguer tes activités ?

P.G. : En ce moment, je conjugue mal, et je le regrette. Mais bon, j’ai encore 25 romans en premier jet à retravailler, plus d’une centaine de nouvelles… Je peux tenir, même si Galaxies me prend beaucoup de temps !

M.net : As-tu d’ores et déjà des parutions en préparation ? Si oui où et quand ?

P.G. : Le prochain Galaxies ! Sinon, un manuel sur la fonction publique, un autre sur la méthodologie des notes de synthèse, et un troisième sur la GRH… Mais ce n’est sans doute pas cela qui t’intéresse ! En fait, j’ai le 3ème volume du cycle de Khopne qui est prêt, et un cycle de Sept romans (le cycle de Rom’t) que je peaufine encore : 6 sont écrits… Et peut-être un recueil de nouvelles…

M.net : Peux-tu également nous parler de la Convention de Science-Fiction ? Où se tiendra-t-elle cette année ? Quels seront les invités phare ?

P.G. : La convention 2011 est un peu particulière, puisque l’organisateur en était Alain le Bussy, qui nous a quittés en octobre. Olivier, son fils, et les membres de l’association qu’Alain présidait, ont repris le flambeau, et nous sommes quelques-uns à les épauler. Il y aura Ayerdhal, Miguel Bercelo, Adriana Lorusso, Ketty Stewart, Irène Langlet, Carole Ecoffet… Ce sera à Tilff, près de Liège, du 18 au 21 août…

M.net : Merci d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions.  As-tu un mot à ajouter pour nos lecteurs ?

P.G. : Merci d’avoir lu jusqu’ici ! :o))

Entretien réalisé par Deuskin

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About Deuskin

Deuskin est administrateur de Mythologica depuis 2009. Passionné de littératures de l’imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site.