Grâce à son petit format et sa couverture souple, le livre permet une bonne prise en main. L’illustration de Darren Rogers est simple mais agréable à regarder. On y voit un homme de dos, la nuque est tatouée d’un code barre. Le résumé est également très accrocheur:
Quand il reprend conscience au milieu de ce champ de citrouilles, il ne peut plus bouger aucun de ses muscles. Pire, il a tout oublié : son nom, son passé, comment il est arrivé là. Seules certitudes :
1 On a essayé de le tuer
2 Lazare est mort
3 Il a tué Lazare
Si seulement il pouvait se rappeler qui est Lazare…
Je feuillète le livre : le papier est agréable au touché et la mise en page très aérée. L’objet, en lui-même, est très attrayant. Très vite, je me plonge dans la lecture de ce texte.
Halloween a perdu la mémoire. Qui est-il ? Ou se trouve-t-il et qu’a-t-il fait ? Il sait simplement que quelqu’un a essayé de le tuer et qu’il a tué Lazare. Il évolue dans un univers étrange et incompréhensible dans lequel il est attaqué par des smileys et secouru par des maigres bêtes de la nuit. Au début de l’histoire, le lecteur est aussi perdu que le personnage puis des brides de souvenirs lui reviennent et les choses commencent à s’éclaircir : il se trouve dans une réalité virtuelle, un bug a failli le tuer et l’a rendu amnésique. Cette réalité virtuelle est en fait une école qui permet aux élèves de vivre ce qu’ils apprennent. L’apprentissage, personnalisé et ludique, donne ainsi plus de chances de réussites aux élèves.
Le récit est narré à la première personne et cet aspect du texte est assez réussi. Le style de l’auteur est adapté et en cohérence avec l’âge du narrateur qui est encore adolescent : des phrase simples, directes et efficaces. En revanche, le rythme du récit est souvent cassé par des descriptions beaucoup trop longues, monotones, qui ne servent pas l’histoire. Les pages défiles, l’ennuie s’installe, on attend des rebondissements qui n’arrivent pas vraiment. Jusqu’à la fin du roman, on s’attend à un vrai rebondissement, un dénouement mais l’auteur finit par nous mener sur une piste totalement différente. Là, alors que l’histoire paraissait confuse, le voile se lève et les indices qu’a semés l’auteur tout au long du récit apparaissent. Surprise ou déception ? C’est au lecteur d’en décider.
Personnellement, j’ai trouvé ce livre très stéréotypé. Des histoires de réalité virtuelle, on en a vu/lu et revu/relu ! Nick Sagan ne donne pas un coup de neuf à ce thème qui aurait bien besoin d’être dépoussiéré. D’autant plus que les personnages qu’il a créés ne débordent pas d’originalité. Ils sont creux, caricaturaux et sans saveur. Je n’ai absolument rien ressenti pendant la lecture. Ni joie, ni peine, ni rire. Ce livre manque énormément d’enjeu. Ce n’est qu’à partir des 2/3 du livre que l’on commence à apercevoir un enjeu, une raison à cette histoire. Malheureusement, à ce moment, il est déjà trop tard. J’avais déjà décroché depuis longtemps (avais-je vraiment accroché ?) et rien ne pouvait me redonner le goût de la lecture de ce texte.
Certains l’apprécieront certainement, porteront peut-être un avis contraire au mien mais, en terme de qualité littéraire, ce livre ne représente pas grand-chose. Il n’est pas définitivement mauvais mais je ne conseille pas aux lecteurs très exigeants de le lire. Ils risqueraient d’être fort déçus ! Idlewild est aussi rafraichissant qu’un roman de fantasy qui conte les aventures d’elfes et de dragons.
Idlewild
Nick Sagan
Nouveaux Millénaires
20 €