Sire Cédric est devenu un habitué des rendez-vous de mars avec depuis trois ans un nouveau thriller fantastique qui paraît au Pré aux Clercs. Après les succès impressionnants de L’enfant des Cimetières et de De Fièvre et de Sang, on ne peut que découvrir avec impatience cette nouvelle aventure au pays de l’étrange, de l’effrayant et du mystère. Car c’est à une enquête encore plus passionnante, si tant est que cela soit possible, que vous êtes conviés…
La couverture est plus sobre que celle de De fièvre et de sang que j’avais trouvée assez moyenne l’année dernière. Cette fois elle inspire le mystère, intrigue et inquiète le lecteur. Personnellement cette couverture m’a vraiment poussé vers le roman.
La quatrième de couverture a fini de me convaincre :
« Mais que pouvait bien chercher Swann cette nuit-là ? Une overdose d’adrénaline, la sensation ultime, le sentiment d’être libre … libre de toute entrave. Pourquoi roulait-il aussi vite en pleine nuit sur une route de campagne étroite et sinueuse jusqu’à faire une chute de trente mètres en bas du Pont du Diable ?
Quelques heures plus tôt, son concert avait électrisé une foule venue en masse l’applaudir, un succès complet, sans doute le plus beau de sa carrière. Mais ce n’était pas suffisant, ses angoisses étaient toujours là et il fallait les faire taire, défiant, une fois de trop, la mort.
À son réveil, à l’hôpital, tout semble normal à part un détail. Il n’entend plus la musique.
Peu de temps après, de retour chez lui, il se retrouve au petit matin allongé à côté du cadavre ensanglanté de sa dernière conquête. Sa vie a basculé dans un cauchemar atroce que rien ne semble pouvoir dissiper. Swann a perdu le contrôle de son existence. »
Comme à son habitude Sire Cédric nous régale avec une histoire tortueuse à souhait, doté d’éléments scénaristiques plus sombres et plus crédibles encore que d’habitude. J’ai personnellement bien senti qu’il avait accentué la rugosité de ses personnages pour gagner en profondeur. Ce qui selon moi est un succès certain. Ce qui est très appréciable avec cet auteur c’est que l’on sent une réelle évolution au fil de ses romans. L’Enfant des Cimetières représente encore la jeunesse de sa plume policière-fantastique tandis qu’avec Le Jeu de l’Ombre il gagne ses lettres de noblesse.
Mais ce qui est plus important que tout est qu’il n’a rien perdu de sa plume si acérée, aux mots si forts. Le style d’écriture à la fois doux et ferme est resté durant cette transformation et j’en ai été ravi. C’est donc avec cette plume douce-amère que l’auteur nous embarque dans son univers inimitable fait de chaleur écrasante, de meurtres, de héros qui n’en sont pas,…
Sire Cédric maîtrise de bout en bout son scénario avec une maestria qui se fait de plus en plus visible au fil des romans. Malko Swann est un personnage que le lecteur va à la fois détester et aimer. Coureur de jupons, égocentrique patenté, il va se retrouver avec son univers intégralement détruit dans une chute aux enfers étonnante de réalisme. C’est cela que j’aime chez cet auteur : il nous déclame avec des mots sublimes des histoires sordides. Le lien à la musique, n’oubliant pas que l’auteur est chanteur de métal également, donne un caractère réellement lyrique à l’ensemble et particulièrement agréable à découvrir au fil des pages. On ne lâche pas ce roman avant la fin…
Le Jeu de l’Ombre est un grand thriller-fantastique comme on en fait trop peu en France. Une plume qui a gagné en maturité, un scénario en béton, des personnages à la fois charismatiques et haïssables auxquels le lecteur peut s’identifier,… Bref tous ces éléments me permettent de dire que ce nouvel opus de la vie littéraire de Sire Cédric va encore remporter tous les suffrages et devrait encore gagner un prix, car il le mérite réellement…
Le Jeu de l’Ombre
Sire Cédric
Le Pré aux Clercs
19 €
Dans le genre thriller fantastique français, au scénario terriblement bien ficelé, aux personnages tout en nuances et à l’ambiance schizophrénique, je ne saurais trop te conseiller Un Autre de Christophe Nicolas (éditions du Riez).