Le traité de Faërie est la première édition publique d’un hypothétique parchemin qu’Edouard Brasey a (re)découvert dans la bibliothèque nationale de Prague avant qu’il ne soit partiellement détruit lors des inondations de la Vlatva, en 2002. Un début d’histoire digne d’un thriller ésotérique pour cet ouvrage qui se veut un recueil de textes rares et précieux traitant d’elficologie, c’est-à-dire des elfes, des fées, du petit peuple, et par extension, de la plupart des créatures fantastiques qui abreuvent nos rêves.
La première chose que l’on remarque en tenant l’ouvrage dans les mains, c’est… Qu’il est beau ! L’effort de présentation pour avoir la sensation de tenir un vrai grimoire est à saluer, la découpe des pages façon parchemin, une vraie bonne idée, la couverture cartonnée permet de le faire tenir debout dans la bibliothèque, le dessin et les dorures dans les coins de pages rappellent les ouvrages d’antan. Le seul bémol concerne le titre, curieusement verni et brillant à la manière d’un livre moderne (.. ?)
Du reste, il ne manquerait qu’une couverture en cuir pour que tout soit parfait ! Et que l’on se rassure, son prix est…. Pareil à celui des nouveautés littéraire qui se respectent, c’est-à-dire de 20 euros.
Lorsqu’on l’ouvre, on constate que l’intérieur respecte également l’aspect de grimoire ancien, l’écriture n’est ni trop grosse ni trop serrée, la lecture facile et les pages parsemées d’illustrations en noir et blanc qui servent parfaitement le recueil, sans ôter le plaisir d’imaginer les créatures soi-même. La majeure partie de l’ouvrage est composée du traité de Faërie d’Ismaël Mérindol, premier récit d’elficologie daté de 1466. La prose n’est jamais lourde ni incompréhensible comme on pourrait le craindre avec ce type d’ouvrage, et l’on suit ce traité comme un petit roman d’aventures parsemé de rencontres avec des créatures féériques tantôt séduisantes, tantôt terrifiantes. On se pose plus d’une fois la question : Vrai ou pas ? Et finalement, la question n’est peut-être pas là, mais plutôt dans ces réflexions d’Ismaël lui-même :
« Rien n’existe qui n’ait au préalable été rêvé »
« Mieux vaut-il boire en aveugle l’eau fraiche des fontaines que s’y noyer les yeux grands ouverts »
« Il est fort utile d’entendre le langage des bêtes, car c’est un langage de pure vérité que les hommes, avec toute leur science, ne savent plus comprendre. C’est pourquoi ils en sont réduits à la médiocre pratique du mensonge. »
« L’Ombre est un pôle éblouissant de la Lumière. L’Ombre ne cherche pas à éclipser la Lumière, mais à la sculpter, la souligner, la mettre en relief. Sans le fusain de l’Ombre, la page serait vierge et nos regards aveugles. »
Les autres textes ne sont pas inédits et si vous êtes connaisseurs du sujet, il est possible que vous les ayez déjà consulté. Cependant, ils complètent parfaitement le traité d’Ismaël Mérindol et offrent un tour d’horizon particulièrement intéressant sur l’elficologie au Moyen-âge et à la Renaissance.
Le Traîté de Faërie
Edouard Brasey
Le Pré aux Clercs
19 €