La Bibliothèque Interdite, après avoir perdu les licences Warhammer et Warhammer 40.000 a fait une pause de quelques mois avant de pouvoir de nouveau nous proposer une série de qualité. Et pour ce faire ils n’ont pas hésité à « taper » dans l’un des jeux de rôle les plus célèbres pour les gamers : Guildwars. Je dois confesser que je n’avais jamais joué à ce jeu même si j’en avais entendu parler à de nombreuses reprises avant de lire ce roman. Je vous invite donc à découvrir cet univers de fantasy pure qui surprendra le lecteur non habitué, voire lui permettra d’entrer dans une nouvelle aventure…
La couverture est tout à fait particulière. En effet l’effet fantomatique des guerriers ne m’a pas forcément séduit de prime abord mais en lisant le roman j’ai compris la démarche, la manière dont tout cela avait été travaillé pour obtenir ce rendu étrange. Il s’agit donc là d’un de ces exemples de couvertures qui ne prennent le lecteur au jeu qu’une fois qu’il s’est plongé dedans. La présentation est toutefois on ne peut plus claire :
Il y a 250 ans, Ascalon a été réduite en cendres…
Déterminé à défendre sa terre contre les hordes charrs, le roi Adelbern a invoqué un redoutable sortilège. La magie est cependant une arme à double tranchant et le Fléau de feu consuma autant les charrs que les humains. Pourtant, alors que les corps des charrs finissaient de brûler, les Ascaloniens se relevèrent, transformés par la rage de leur souverain en une armée de fantômes, gardiens du royaume pour l’éternité. Cette contrée autrefois glorieuse n’était plus qu’une terre hantée.
Des siècles plus tard, les descendants des Ascaloniens exilés en Kryte se retrouvent assiégés de toute part. Afin de sauver l’humanité, la reine Jennah cherche à négocier un traité de paix avec les charrs tant haïs. Mais il reste un obstacle : les légions charrs n’accepteront cette trêve que si la Griffe du Khan-Ur, un trésor de grande valeur, leur est rapportée de la cité d’Ascalon.
Une bande d’aventuriers disparates, chacun traînant derrière lui ses propres fantômes, se met en route vers cette région hantée afin de retrouver la Griffe. Sans cet artefact, il n’existe aucun espoir de paix entre humains et charrs. Mais le roi mort-vivant qui règne sur Ascalon ne se laissera pas déposséder sans réagir. Et il est aussi d’autres factions qui ne veulent pas de cette paix…
Les Fantômes d’Ascalon est un bon roman de fantasy inspiré du vaste univers qu’est Guild Wars. En effet les auteurs n’ont eu qu’à s’inspirer de l’existant, ce qui donne une cohérence d’ensemble particulièrement intéressante à la lecture. Qu’il s’agisse des Charrs, des humains, des Norns,… chaque peuple a ses spécificités bien définies et il est intéressant de les voir se développer au fil des pages. Mais au-delà des races peuplant l’univers ce sont l’ensemble des personnages du roman qui sont hauts en couleur. Alors bien entendu chacun d’entre eux est très archétypal mais personnellement je me suis pris au jeu malgré une intrigue cousue elle aussi de fil blanc. Mais c’est bel et bien là que se trouve le véritable intérêt de tels romans sous licence : ne pas se prendre la tête à chercher à modifier les codes du genre, il s’agit simplement de les appliquer pour le plaisir du lecteur.
Même si le scénario ne propose pas une intrigue réellement surprenante la découverte que j’ai faite de l’univers m’a satisfait. En effet sur un premier tome il y a toute une mise en place du background scénaristique, qui est très large lorsque l’on parle de Guild Wars, absolument nécessaire pour le lecteur et c’est d’ailleurs à ce moment que l’auteur peut perdre ou conserver sa cible. Tout dépend de son ressenti sur l’univers et pour ma part j’ai été séduit.
Mon personnage préféré du début du roman n’est pas le héros, cela est surprenant non ?, mais le Clagg avec son Golem. J’aime beaucoup cette idée et la scène de départ dans les catacombes à la recherche d’un joyau est particulièrement bien conçue et permet au lecteur de s’immerger immédiatement dans l’action. La palme du personnage le moins crédible revient à Killeen qui m’a fait un peu le même effet que l’Elfe dans les chansons et romans de Naheulbeuk : on se demande ce qu’elle vient réellement faire. Mais comme elle est tombée de l’arbre…
Au chapitre des points négatifs je citerais simplement la quantité de fautes de grammaire et de syntaxe, qui sont du plus mauvais effet sur un roman. Je donne toutefois à la Bibliothèque Interdite le crédit d’avoir probablement dû évoluer sur des délais courts. Attention toutefois car cela a vraiment gêné ma lecture alors que la traduction en elle-même n’est pas mauvaise.
Pour conclure je dirais que Les Fantômes d’Ascalon est un bon premier roman de série même si il est loin d’être exempt de défauts. Il s’agit principalement de problèmes éditoriaux car l’aspect caricatural des personnages combiné à un scénario facile devient un jeu pour le lecteur que je suis : l’ensemble va-t-il se comporter comme je m’y attends ? Par contre les afficionados du jeu y trouveront aisément tout ce qu’ils cherchent, voire plus encore. La Bibliothèque Interdite ne se moque au demeurant pas de ses lecteurs puisque le second est prévu pour le mois prochain. Enjoy !
Deuskin
Les Fantômes d’Ascalon
Guild Wars T1
Matt Forbeck & Jeff Grubb
Bibliothèque Interdite
14.50 €
Coucou,
il est intéressant de lire l’avis d’un lecteur ne jouant pas au jeu. J’ai moi aussi été séduit par ce livre, sans pour autant être un chef d’œuvre, il est efficace.
J’imagine que la présence de Kileen se justifie simplement dans le fait de vouloir respecter une certaine parité au niveau des races représentées dans le roman. Par ailleurs je trouve que ce personnage insuffle par moment une certaine fraicheur et légèreté dans l’action ce qui n’est pas désagréable. Sans parler de son innocence qui peut paraître touchante surtout en comparaison des autres races représentées.
Pour finir, étant un joueur de Guild Wars de la première heure et encore actuellement et un fervent adepte du background du jeu, je suis très content de toutes les informations et références au jeu qu’on peut trouver entre les lignes des Fantômes d’Ascalon (GW1 et 2 compris). L’univers est bien respecté et il n’y a pas à mes yeux d’anachronismes ou erreurs scénaristiques.
Bref c’était un plaisir, je recommande.