Dans le Nord de la France se trouve un parc d’attraction des plus originaux. Zombillénium, l’endroit où le visiteur ne vient pas pour s’amuser, pour rire, mais pour avoir peur car c’est un parc avec une thématique des plus morbides. Oui, dans Zombillénium, vous croiserez de vrais créatures maléfiques : momies, fantômes ou loups-garous, zombies (aux danses se résumant à des gesticulations enthousiastes mais sans grand talent) et démons… Aucun humain ne travail ici,à l’exception de Gretchen, la petite stagiaire, sorcière de son état.
Mais voilà qu’un jour où la momie se barre, la jeune demoiselle assiste au braquage d’un bistrot. Usant de sa magie, elle permet au pauvre malheureux dont la femme vient de lui avouer son adultère d’éviter la prison en le faisant passer pour un imbécile. A peine sortie du bar, il est renversé par le véhicule ramenant la momie au sarcophage.
C’est ainsi qu’Aurélien devint le démon-star de Zombillénium : en mourant écrasé par une voiture. Le parc, grâce à son spectacle, se refait une beauté. Lui, qui était derrière Vulcania, remonte son taux de fréquentation. Mais tout n’est pas forcément rose dans ce pays.
Et le tome deux commence donc sur la question de la lutte entre le parc – avec ses sympathiques habitants – et le voisinage quelque peu excédé par la conjoncture économique qui ne semble favoriser que les suppôts de Satan : le chômage touche tout de même la région avec un taux de 25%. Le parc devient en une journée le lieu de rencontre entre les « facho » du coin, une famille avec un enfant des plus particuliers et des employés trop violents au goût de leur coach qui tente désespérément d’expliquer la technique du Positive Freakishness afin de « transformer la pulsion de mort en énergie créatrice ».
Zombillénium, pour le tome un, n’est rien d’autre qu’un ouvrage superbe, un bijou d’humour et de style ! Réalisé entièrement à l’ordinateur par Arthur de Pins, ce fut un régale pour les bédéphiles de découvrir ce bébé. Autant dire que le tome 2 était attendu avec impatience : pour une fois que des histoires mettant en scène des vampires, des loups-garous, etc. ne signifiait pas histoire à l’eau de rose de bit-lit…
Qu’en dire ? Une légère (mais très légère, rien de grave) déception. Si le premier ouvrage apportait énormément en installant un univers riche et humoristique, le second, tout en conservant la qualité graphique du premier, semble plus tiré par les cheveux pour son scénario. Il reste très bon, attention, mais la superbe de son ainé lui manque, notamment pour l’histoire du petit démon et de Tim dont la chute n’est pas très claire. Arthur de Pins confirme son talent pour dessiner avec sa souris, talent que nous avions vu à l’œuvre dans Gretchen et La marche du crabe. Nous n’avons plus qu’à attendre le troisième tome pour, espérons le, repartir sur un ouvrage grandiose comme il en était du premier.
Il convient aussi de noter qu’avec la BD vous trouverez un nombre de bonus agréables, notamment un faux-vrai journal à lire APRES avoir dévoré la BD (il se trouve à l’intérieur, si personne ne vous l’a volé avant achat), de même que le site zombillénium.com (http://www.zombillenium.com/). Ne ratez donc pas Ressources Humaines, ce serait fort dommage pour pouvoir suivre les aventures d’Aurélien le démon et de Gretchen la sorcière !
Corwen
Ressources humaines
Zombillenium T2
Arthur de Pins
Dargaud