Un roman de zombie de plus ? Eh bien non ! Car Bragelonne nous a dégoté là une perle rare. Isaac Marion nous propose une vision vraiment très spéciale du monstre zombie et d’un futur potentiel. Mais finalement les zombies sont-ils uniquement des êtres décérébrés aux vélléités exclusivement carnivores ? N’est-il pas possible de considérer les choses autrement ? Eh bien pour ce faire, rien ne vaut une bonne vieille visite dans la tête des cadavres ambulants, non ?
La couverture vient modifier les codes habituels de ce que l’on voit sur les étals de nos amis libraires. En effet la sobriété est mise en avant et cela n’est pas pour me déplaire. Cette image veineuse de ce qui semble être un cerveau. Car le cerveau va justement être au cœur de l’intrigue de ce roman. La présentation de l’éditeur est elle aussi assez claire :
R est un zombie. Il n’a pas de nom, pas de souvenirs, pas de pouls. Mais il rêve.
Dans les ruines d’une ville dévastée, R rencontre Julie. Elle est vivante, palpitante. C’est un jaillissement de couleurs dans un camaïeu de gris. Et sans vraiment savoir pourquoi, R choisit de ne pas la tuer. C’est le début d’une étrange relation, à la fois tendre et dangereuse.
Ce n’était jamais arrivé. R bafoue les règles des Vivants et des Morts.
Il veut respirer de nouveau, il veut vivre, et Julie va l’aider. Mais leur monde ne se laissera pas transformer sans combattre.
Ce qui m’a surpris de prime abord c’est de voir Stephenie Meyer, auteure de Twilight, commenter ce roman et j’ai bien failli craindre le pire. Mais lorsque je me suis lancé dans la lecture de ce Vivants j’ai été extrêmement surpris de découvrir une pure pépite de romance zombie. Car oui cela peut paraître surprenant mais Isaac Marion nous invite dans la tête d’un de ces monstres dévoreurs de chair, qui semble rapidement être plus humain qu’il n’y paraît.
Véritable plongée dans l’univers zombie, qui est d’ailleurs vu avec un cynisme surprenant, ce roman nous propose une histoire d’amour entre R et Julie ui n’est pas piquée des verts. En effet comment un zombie peut-il tomber amoureux d’une humaine ? Eh bien en mangeant le cerveau de son ex-petit ami, ce qui lui offre une foule de souvenirs de leur vie à deux. Petit à petit l’oiseau fait son nid, dit-on. Avec Isaac Marion il parvient à nous décrire un Roméo et Juliette horrifique particulièrement surprenant de prime abord mais qui sait séduire le lecteur tant par son originalité que par sa prose. Car en plus de disposer d’un excellent scénario, le roman est extrêmement bien écrit. La traduction de Benoît Domis est très réussie et il est parvenu à rendre avec talent le style d’Isaac Marion.
Et cet auteur vient nous surprendre en nous décrivant la société zombie : dirigeants, mariages, enfants,… Tout semble une parodie de l’humanité mais l’ensemble est touchant. Car R n’est pas juste un zombie amoureux. Il parvient à nous séduire par ses sentiments, sa conscience de lui-même, de son état de zombie. Et finalement c’est la manière dont l’aventure est relatée qui est plus intéressante que tout. Car les sentiments, même bien décrits, restent ce qu’ils sont et pourront lasser certains lecteurs, si l’auteur n’avait pas su y ajouter une touche de réalisme criant. Et pour cela il convient de lui dire merci car son roman aurait pu être soporifique mais il se révèle passionnant.
Véritable roman sur le sens de l’amour, sur les disparités entre deux êtres, Vivants nous offre une vision inédite du mythe zombie. Bien écrit, ne reprenant pas les poncifs du genre horrifique avec des zombies très très méchants et des humais aux abois, il prend le lecteur à contrepied proposant une aventure reléguant Twilight au rang d’histoire pour enfants. Car Vivant c’est une histoire d’humains, une histoire d’amour, une histoire de vie qui transcende la mort.
Vivants
Isaac Marion
Bragelonne
17 €