L’artiste du mois : Julien Delval

Julien Delval est un des illustrateurs les plus prolixes dans l’édition Française.

Né en 1972 à Paris, il étudie à l’ENSAD et débute dans le métier en travaillant pour les éditions Multisim sur le jeu Néphilim et très vite, c’est dans les Jeux de Rôles qu’il impose son style pour Guildes, Agone, Dark Earth et dans le jeu de société chez Days of Wonder, Matagot ou Filosofia.

C’est tout naturellement qu’il réalise ensuite des illustrations de couvertures pour les éditions Mnémos, Fleuve Noir, Pocket, Bragelonne, Flammarion, France Loisir.

Ici, l'arrière plan de l'illustration est réalisé en grande partie en numérique. Une des rares et récente incursion de Julien dans le numérique, ma fois très réussie.

Il est aussi à l’aise en illustration pour adultes qu’en jeunesse où il a notamment travaillé pour plusieurs livres jeux dans la collection des « 100 » aux Editions Gründ et fait des couvertures pour Bayard, Le Rocher et Mango.

Julien a une affection particulière pour l’illustration historique en général, le médiéval en particulier et la Fantasy.

Son affection pour des peintres tels que Delacroix, Bruegel, Waterhouse, Mucha et des illustrateurs comme Ian Mc Caigh, Angus Mc Bride, NC Wyeth se ressent dans son travail qui se démarque ainsi très nettement des œuvres de ses confrères souvent plus influencés par des grands noms de l’illustration de l’imaginaire (Frazetta, Foss, Whelan, Brom..)

Côté technique, Julien commence souvent par un crayonné et enchaine

avec un rough couleur (comme on peut le voir ici sur l’Ange du Chaos) et passe ensuite à la réalisation finale le plus souvent à la gouache. Ces deux étapes lui donnent des bases solides sur lesquelles s’appuyer. La force de Julien réside ensuite dans sa rapidité d’exécution qui lui permet de produire sans hésitation une œuvre parfaitement équilibrée, où il se dégage une sensation de mouvement, une grande souplesse, et un vrai sens du détail posé avec pertinence. Cette aisance dans la peinture traditionnelle explique en grande partie qu’il n’ait pas encore opté pour la peinture numérique.

Il travaille souvent dans des tons pastel ce qui ne l’empêche pas d’employer parfois des couleurs plus vives notamment dans ses travaux pour la jeunesse ou pour des jeux.

Elégant est le mot qui me vient à l’esprit pour qualifier son travail.

Grand fan de BD, il était dans l’ordre des choses qu’il se lance dans la réalisation de son premier album… Après quelques projets inaboutis, (dont cette planche magnifique !) il pose les derniers coups de pinceaux à « Petits Soldats » paru chez Vent d’Ouest en septembre prochain et dont voici deux planches avec le crayonné ainsi que la couverture. Comme vous pouvez le constater, pas d’encrage et de colorisation, mais un travail en couleur directe proche de sa technique habituelle en illustration. Un énorme travail parfaitement maîtrisé dans lequel peu d’artistes BD s’aventurent…

En 2010, on a pu voir les illustrations de Julien exposées à la Galerie du Bailli à Epinal dans le cadre du festival « Les Imaginales » et à la librairie « Labyrinthes » à Rambouillet.

Il a aussi participé à plusieurs fresques sur toile lors de festivals de l’Imaginaire dont celle de 2010 et 2011 aux « Imaginales » d’Epinal ou celle du Festival « Zone Franche » 2010.

Le voir peindre en direct avec une facilité et une rapidité déconcertante est un émerveillement pour tous ceux qui ont eu l’occasion d’y assister.

Julien est aussi musicien et a été le bassiste du défunt groupe « L’Année du Rat » pendant une dizaine d’années et leur a composé plusieurs titres.

Pour finir, je vais me plier à une discipline que vous retrouverez dans chacune de mes futures chroniques, à savoir choisir mes 3 œuvres préférées de l’artiste du mois.

Les voici :

« Les Gardiens de Ji » Tome 3 de Pierre Grimbert (Octobre).

« Rois et Capitaines » Anthologie présentée par Stéphanie Nicot (Mnémos).

« Les Chants de la Walkyrie» de Edouard Brasey (France Loisir).

Vous l’aurez compris, Julien Delval a plusieurs cordes à son arc et tout indique que ses œuvres futures n’ont pas fini de nous éblouir…

Son site :  http://juliendelval.blogspot.com/

Michel Borderie

D’autres exemples de son travail cités dans cet article

 

 

Michel Borderie

About Michel Borderie