Et voici le grand retour, après une absence bien trop longue pour manque de temps pour chroniquer, la suite des aventures de Luther Khëradön au sein des Terres Tranquilles. Nous l’avions quitté alors que la situation de sa contrée était au plus mal : la guerre contre Hazel et ses armées est en passe d’être perdue, l’aimée du roi est emprisonnée,… et surtout il est mort ! Bref, la situation est loin d’être brillante, comme souvent dans un second tome de fantasy. Mais je vais vous montrer que Chris Debien sait changer quelques codes pour faire de son roman un moment unique…
Il est rare que je dise cela mais la couverture de Tomislav Tikulin m’est tombée des mains. Je la trouve proprement inadaptée au roman. Autant celle du premier opus était sublime, autant celle-ci est une des pires qu’il m’ait été donné de voir en fantasy… Passons sur ce sujet directement à la présentation de l’éditeur qui va nous donner une idée du contenu du roman et nous rappeler la situation :
Luther Khëradön, le souverain des Terres Tranquilles, n’est plus de ce monde. Depuis son combat contre Hazel, le démon qui fut un jour sa mère, il erre dans les limbes de l’Infër, un lieu de souffrance peuplé de créatures aussi horribles que dangereuses. À la surface, les armées de la Noire Impératrice gagnent du terrain, tandis que Karän, le sorcier rouge, tient la capitale d’une main de plus en plus ferme. Tout espoir n’est cependant pas perdu : appuyée par les mystérieux Arachne, Maë, la concubine du tyran, faussement soumise, tire en secret les ficelles d’une Résistance de plus en plus puissante. Et tandis qu’Arax découvre le lien qui l’unit à la Lahm, source de toute magie, Louïlin devient, elle, une pièce cruciale sur l’échiquier… Se pourrait-il qu’il y ait plusieurs Élus ?
Ce second tome est paru primitivement aux Editions Hachette (oui je sais c’est vague…) avant de bénéficier d’une réadaptation en poche fort méritée. En effet Chris Debien parvient à reprendre son scénario sur un cliffhanger impressionnant sans que le lecteur ne sente de réel temps d’arrêt. En effet un peu de temps s’est écoulé mais la tension ressentie à la fin du premier opus est toujours bien présente. Rien ne vient entacher la reprise de la lecture et j’en ai été ravi.
J’ai donc repris ma poursuite des aventures de Luther avec grand plaisir : parvenu en Infër il erre désormais à la recherche de son salut. Pendant ce temps les Terres Tranquilles continuent à être ravagées par la guerre et les dissensions. Karän, le grand méchant traître continue ses méfaits mais dans l’ombre la résistance s’organise pour le tenir en échec. Le scénario résumé de la sorte peut vous sembler classique, voire soporifique à souhait alors que pourtant il ne l’est pas. Chris Debien nous prend au dépourvu en incluant des éléments inattendus à un scénario basique.
Mais ce qui est le plus impressionnant dans les romans de Chris Debien c’est une nouvelle fois la dimension psychologique. Peu d’auteurs sont capables de nous décrire la psychologie de tels personnages aussi facilement et avec autant de complexité. En effet il m’a semblé voir Luther combattre au sein de son Enfer personnel, sorte d’expression physique de son être psychologique. Les Terres Tranquilles ressemblent fort à un terrain psychologique fertile où chaque habitant semble provenir d’une pensée unique, celle de l’auteur.
Le style de cet auteur est lui aussi impressionnant de maturité. En effet l’on sent au fil des pages qu’il maitrise son sujet, que le Cycle de Lahm est une partie de son accomplissement en tant qu’auteur. Je suis un véritable amateur de belle plume et avec Chris Debien je n’ai en rien été déçu. En fait il parvient à nous conter une histoire profonde, pleine de sens, emplie de différentes histoires privées se mêlant à un scénario à grande échelle.
Le Cycle de Lahm est l’un des plus perfectionnés de la fantasy française et chaque lecteur devrait être aisément enjôlé par cette histoire impressionnante à la fois de maturité littéraire, de performance scénaristique, de conscience de l’humain. Et c’est bien cela que j’aime particulièrement chez Chris Debien : ses haros sont simplement humains, tout comme nous… L’imaginaire regorge de super héros au cœur dur comme la pierre et dépourvus de défauts. Chris Debien n’a pas fait ce choix et je le remercie pour cela.
Les insoumis
Le Cycle de Lahm T2
Chris Debien
J’ai Lu
6 €
Je ne sais que dire, si ce n’est merci, merci, merci ! Voilà une analyse pertinente qui révèle avec acuité l’intentionalité du roman. J’en rougis. J’espère que le troisième tome saura vous combler tout autant.