Douze années ont passé. Muray, un adolescent de treize ans, se retrouve prisonnier de la Fondation Deus. Quand on a perdu sa famille, ses repères… Qui croire, qui écouter ? Et si, en plus, on découvre une part de nous-mêmes jusque-là inconnue ? De nouveaux élèves, de nouveaux professeurs et quelques anciens… Les visages ont changé, mais les règles sont toujours les mêmes. La Fondation est prête à vous accueillir une « deuxième fois ». Et vous, êtes-vous prêts ? Alors, venez ouvrir d’autres portes. Entrez ! Entrez dans le royaume des mutants !
Quelles surprises ! Mais quelles surprises !
Après avoir dévoré le premier tome : Le Veilleur, je me suis donc tout naturellement jetée dans le tome 2 intitulé « Sans Limite » sans prendre le temps de lire le résumé.
J’ai donc été très très étonnée en découvrant les premiers mots « douze ans après » et encore plus incrédule lorsque j’ai compris qu’on ne suivrait plus les aventures de notre premier protagoniste : Eloi. Ce fut aussi une grande déception lorsque j’ai vu, au tiers du roman, qu’Eloi n’avait pas l’air de vouloir réapparaître.
Ce choix de l’auteur peut tout aussi bien plaire que déplaire. Pour ma part, j’ai eu l’impression d’avoir été trompée : qu’est devenu Eloi ? A-t-il toujours ses pouvoirs de retour à la vie normale ? Qu’a-t-il fait ensuite ? L’a-t-on vraiment remplacé par « quelque chose » auprès de sa famille durant son « incarcération » à la Fondation Deus ?
Néanmoins, cette ellipse temporelle peut ajouter du mystère à l’histoire, et ainsi combler les accros du suspens.
Nous entrons donc une nouvelle fois dans la Fondation Deus, à la suite de Muray, un adolescent anglais qui se préparait à retrouver son amour de vacance rencontré l’été dernier. Malheureusement, celui-ci est enlevé de la même façon qu’Eloi et se réveille plus tard dans la même pièce blanche…
La répétition des premiers jours passés à la Fondation (découverte des lieux, du fonctionnement de l’établissement, des doutes, des rencontres amicales, etc.) est assez énervante bien que nécessaire au bon déroulement de l’histoire. Un sentiment d’agacement pourra envahir certains lecteurs frustrés de ne pas retrouver Eloi, car même si l’auteur fait des efforts pour que ces deux périodes ne se ressemblent pas, le début est tout de même similaire au premier tome. Muray se fait facilement des amis, son intégration n’est pas aussi fluctuante que notre Eloi, par conséquent moins intéressante.
En revanche, les péripéties de Muray finissent par devenir intéressantes, lorsqu’un professeur du premier tome, effrayant et plutôt détestable, trouve son maître, et se laisse dévorer par la peur (la matière qu’il enseigne pourtant à ses élèves). On découvre aussi les nouveaux professeurs, bien plus sympathiques que les précédents et… un couple formé par deux anciens élèves, mais là je vous laisse la surprise parce qu’elle est vraiment inattendue !
En ce qui concerne la trame principale du livre, on a le plaisir de lire le déroulement des cours particuliers, d’assister aux exercices, etc. (ce qui manquait au premier tome). En dernier lieu, l’élément le plus intrigant du roman, le fil conducteur qui nous emmènera dans la deuxième partie de Sans Limite (à paraître en début d’année) est celui qui vous marquera le plus : des suicides imprévisibles d’élèves, qui surviendront tout au long du roman.
Enfin, comme au premier tome, le deuxième se termine sur un coup de théâtre des plus plaisant.
Le style, il est toujours aussi simple, fluide et facile à lire, et les ellipses temporelles sont plus nombreuses.
Le titre fait aussi inévitablement référence au pouvoir de Muray, la couverture du même style que le premier tome, mais moins explicite. Le poing est fermé sur la quatrième de couverture faisant une petite référence au pouvoir de Muray qui n’est que suggérée.
En bref, on trouve autant de raison de continuer à lire le livre, que de le refermer. On en attend donc beaucoup plus de la deuxième partie, car aucune question du premier tome ne trouve de réponse : par qui, par quoi et comment est régie la Fondation ? Dans quel but ? Il a peut être un vague début de réponse dans ce tome, mais vraiment trop peu. Qui sont les Veilleurs ? Que font-ils plus précisément ? Que deviennent les élèves qui échouent aux examens ? Que sont devenus ceux qui ont disparu avant ? Où se trouve la Fondation ?
Trop de questions, pas assez de réponses, il faut que cela avance (pitié pas de troisième session d’école) espérons que la seconde partie nous en dévoile plus. Et puis surtout on réclame : E-loi, E-loi, E-loi !
Fondation Deus T2
Sans Limite
Pierre-Arnaud Francioso
Editions Airvey (Fantasti’kid)
