The Vampire Diaries — La mode des dents pointues
En 2009 apparaît sur la chaîne américaine The CW un nouvel enfant de la mode vampirique héritée de la saga Twilight. En effet, le 10 septembre est diffusée pour la première fois la série The Vampire Diaries (traduisez « Journal d’un vampire »), que l’on a vu débarquer en France à partir de 2010 sur plusieurs chaînes (Canal+ Family, TF1…). Adaptée des romans du même nom de L. J. Smith, la série met cependant en scène des personnages totalement différents (je précise que je n’ai pas lu ces livres et lance ainsi une subtile perche à mes collègues chroniqueurs) et celle-ci est réalisée par Julie Plec et Kevin Williamson.
Amateurs de sang et de dents limées, bonjour !
Le pitch de la saison
The Vampire Diairies, c’est l’histoire d’une petite ville américaine, Mystic Falls, plantée quelque part en Virginie et dans laquelle évoluent de nombreux protagonistes. Elena Gilbert, une brune de 17 ans, se remet doucement de la mort de ses parents et tâche de garder un œil sur son petit frère, Jeremy, aux tendances gothico-droguées. Épaulée par ses amies Bonnie et Caroline, la jeune Elena va alors voir sa vie chamboulée par l’arrivée de l’énigmatique Stefan Salvatore et de son frère Damon.
Bam ! J’avoue qu’en lisant le scénario, on se dit qu’on va devoir faire face à une série niaise baignée de sentiments amoureux et de musiques à faire pleurer un caillou. Eh bien, oui. Mais en fait, non. Car The Vampire Diaries adopte en fait deux facettes, surtout présentes dans la première saison, qui lui permettent de séduire plusieurs types de téléspectateurs. Ainsi, vous pouvez suivre l’histoire pour le côté « journal intime » et vie d’ado délicate, pour les beaux yeux des acteurs (ou des actrices) ou encore pour son aspect plus sombre et décalé.
Jeremy, bouleversé par la mort de ses parents
Un peu plus de détails
Bien sûr je vais éviter le spoil dans cette chronique pour laisser la magie du suspens opérer. Car si la série présente plusieurs atouts, celui de vous tenir en haleine en fait partie. Ainsi, après avoir fini un épisode important, vous ne résisterez pas à l’envie de regarder le prochain pour connaître le dénouement de la situation. Mais bon, c’est le principe d’une série, me direz-vous, bande de rabat-joies ! Mais passons donc à l’action et au début de la saison.
Tout d’abord, le fameux Stefan cité plus haut, sous ses airs de beau gosse mystérieux, cache en fait deux canines bien pointues. Eh oui, le vilain est un vampire et l’on sent qu’entre lui et Elena, quelque chose qui est en train de naître. C’est alors le moment de vous parler un peu des caractéristiques vampiriques dans The Vampire Diaries. Les bougres ont donc une apparence loin d’être morbide, puisque les frères Salvatore, en plus d’être acteurs, sont aussi mannequins. Voilà qui fait plaisir à lire, du moins pour certains (es). Ce sont donc des êtres surnaturels attirants et forcément dangereux. Adeptes du sang, ils peuvent se déplacer à la vitesse de la lumière à l’aide d’une bague magique (j’en profite pour préciser que la série met aussi en scène des sorcières), possèdent une force et une rapidité amplifiées et peuvent également hypnotiser les pauvres mortels pour servir leurs ambitions. Évidemment, les vampires sont immortels et deviennent plus forts au fil du temps, alors que leur apparence reste la même qu’au moment de leur transformation (c’est là que l’on se dit que devenir vampire à 3 ans, ça doit être naze). Ainsi, un vampire de 500 ans dégomme sans problème un jeunot de 150 ans. Et là, je pense avoir fait le tour !
Elena et Stefan, les débuts d’une relation tumultueuse
« Mais, s’ils sont des brutes sanguinaires, comment pourrait-il y avoir une histoire entre Elena et Stephan ? » Pertinente question cher lecteur, mais vous devez vous douter que toute la théorie n’est pas si évidente en pratique. Car Stephan n’est pas un vampire comme les autres. Si ces derniers sont affamés de sang et en ont besoin pour devenir plus forts, le jeune homme lui a décidé de tirer un trait sur cet aspect de sa non-vie. Ainsi, pas de sang ni pulsions, ce qui nécessite un contrôle de soi assez important, qui lui fera défaut tout au long de la saison. Mais c’est bien sûr cette vulnérabilité qu’Elena va remarquer, et c’est sur son épaule que le vampire va s’appuyer pour maîtriser ses envies mortelles. Évidemment, ce ne sera pas si simple que ça.
Les deux protagonistes vont donc apprendre à se connaître, découvrir des points communs (tenir un journal intime) et apprendre leurs secrets mutuels. Au passage, l’histoire du journal intime ne passera pas la moitié de la saison et se révèle être en fait un simple détail inutile à l’intrigue (alors qu’il est au centre du titre de la série). Certains spectateurs en seront heureux, d’autres non. Bref, entre eux ça s’annonce plutôt bien, sauf que tout n’est pas rose à Mystic Falls…
Damon Salvatore, le côté obscur
Tout se complique donc avec l’arrivée très rapide de l’ainé de Stefan, un chouïa plus âgé, Damon Salvatore, qui est en fait l’exact opposé de son frérot. Sang, sexe et mort, voilà ce que le vampire amène à Mystic Falls, le tout avec une attitude amusante et un humour pinçant qui pimentent largement la série, bien que son rôle gagne en importance et en complexité au fil de la saison. Mais là où l’intrigue se corse, au-delà de la querelle fraternelle, c’est lorsque l’on comprend qu’Elena est un « double physique » d’un très ancien amour des frères Salvatore. Ajoutez à cela une ville bien décidée à chasser tout vampire de ses murs, la magie qui fait son apparition et une tripotée d’autres vampires en quête de vengeance. Secrets, mensonges, conflits, morts, mais aussi amour, voilà des mots bien adaptés.
Les points forts
The Vampire Diaries joue beaucoup avec le suspens et aime nous faire spéculer sur les relations entre les différents personnages. Beaucoup d’éléments apparaissent également bien avant d’en avoir l’explication, ce qui laisse une bonne part à l’imagination de chacun, tout en nous donnant envie de continuer à suivre l’aventure. Les différents aspects adoptés, comme expliqué plus avant, permettent de donner à la série des moyens de satisfaire tout le monde. Le côté niais, pas forcément négatif pour tout le monde, loin de là, est contre-balancé par une dose de mort et d’humour noir. On reste cependant très loin du gore ou même d’images avec trop d’hémoglobine.
Les secrets et le passé des deux vampires Salvatore sont également une force, puisqu’ils sont amenés à mentir dans des buts différents : Stefan veut protéger sa belle alors que Damon cache son jeu pour infiltrer le groupe des « familles fondatrices » de la ville, qui se réunit en privé pour combattre la menace vampire, et mettre tout le monde dans sa poche. Le décalage entre les deux frères et les moqueries de Damon apporte un certain humour, qui réside principalement sur la nature de ce dernier.
Enfin, les multiples rebondissements et personnages faisant leur apparition sont autant d’exemples du potentiel narratif de cette série.
Les personnages principaux de la saison 01 : Elena, Stefan, Jeremy, Bonnie, Damon et Caroline (de gauche à droite)
Les points faibles
Outre les côtés, parfois un peu cheap des effets (loin d’être dérangeants), il faudra déjà faire un petit effort pour accepter le décalage entre l’âge des héros et celui des acteurs. Ainsi, Elena, censée avoir 17 ans, en avait 20 à l’époque de la première saison. Déjà que la télévision a tendance à vieillir, on sent vraiment que ça ne colle pas. Je passerai sur Jeremy, c’est encore pire, alors que le personnage est plus jeune.
Ensuite vient le principe des fêtes, véritables fourre-tout pour créer une ambiance de fond. Ainsi, vous pouvez être sûrs qu’à chaque soirée ou « fête traditionnelle », destinée à fêter des événements historiques de la ville, quelque chose va mal tourner. Au début cela ne gêne pas, mais à force, on ressent vraiment cela comme un manque d’imagination des réalisateurs qui usent et abusent de ce prétexte pour créer de l’action.
Cependant, je dois avouer qu’il est assez dur de trouver des aspects négatifs, sans tomber dans la subjectivité totale. Je vous invite donc à regarder la série pour en faire votre avis, mais soyez déjà rassurés : il n’y a rien de méchant.
Le « jour des fondateurs », l’une des innombrables fêtes de Mystic Falls
En résumé
The Vampire Diaries est une série que je n’aurais pas regardée de moi-même, mais je suis maintenant chaque nouvel épisode. La première saison permet donc d’installer le cadre et les personnages principaux, et garantit un suspens et une action toujours crescendo pour un final qui donne envie d’en voir encore plus. Difficile de trouver un gros problème, les acteurs ont un bon jeu, la bande-son passe bien et le fait de créer des situations variées permet à chacun de trouver son compte. Une bonne série donc, qui pourrait évidemment être perfectible, vous trouverez sûrement quelques petits détails moyens, mais elle se regarde facilement, tient en haleine, et assure le spectacle. C’est l’essentiel, dirons-nous, et je vous donne déjà rendez-vous pour une chronique sur la saison 02, plus riche et intéressante. En attendant, bon visionnage !
Réalisation : Julie Plec & Kevin Williamson
Casting principal : Nina Dobrev (Elena Gilbert), Paul Wesley (Stefan Salvatore), Ian Somerhalder (Damon Salvatore), Steven R. Mcqueen (Jeremy Gilbert), Candice Accola (Caroline Forbes), Katerina Graham (Bonnie Benett)
Chaîne de diffusion U.S.A : The CW
Genre : Fantastique, Drame, Romance
Durée d’un épisode : 40 minutes environ
Nombre d’épisodes : 22
Sortie DVD France : 1er avril 2011 – 24,89€ (prix internet)
Je voudrais juste corriger un point. La bague ne permet pas aux vampires de se déplacer à la vitesse de la lumière, mais juste à la lumière du jour.
Et les frères Salvatore ont étés vampirisés à la même période, la différence de puissance venant du fait que Damon continue à se nourir de sang, tandis que Stefan a arrêté.
Hormis ces deux points, je suis d’accrod avec tout le reste. Une très bonne saison qui m’a un peu effrayé sur les premiers épisodes durant lesquels je n’ai cessé de me dire: « Oh non, le gros cliché… »
Et puis ensuite, la trame et les personnages prennent de l’ampleur, et même si, effectivement, dès qu’un évènement approche on sait qu’il va y avoir un problème, on suit néanmoins l’histoire avec intérêt.
Une réussite sur un thème pourtant rebattu de tous les côtés…
A noté dans un des premiers épisodes le pied de nez à la série Twilight et la reconnaissance de la Chronique des Vampires d’Anne Rice.