Doctor Who ? - Just The Doctor
Fiou, FFiou, FFFiiiiiou, 26 mars 2005, le TARDIS, le vaisseau du Doctor au bruit si caractéristique représentant l’univers (que j’ai mal imité, je vous l’accorde), atterrit dans les écrans britanniques sur la chaîne BBC One. Produite notamment par Russell T. Davies, cette saison démarre en fait une seconde série faisant suite à la première, qui fut diffusée de 1963 à 1989 sur la même chaîne et constitue la série de science-fiction la plus longue du monde. Mais entendons-nous bien, car c’est de cette « suite moderne », fidèle à son aînée, dont je vais vous parler ici, n’ayant pas eu la chance de voir les 695 épisodes originaux.
Le pitch
2005, planète Terre. Rose Tyler, une Londonienne un peu paumée, travaille comme vendeuse sans aucune motivation, vit avec sa mère, Jackie, et fréquente Mickey, un type un peu trouillard. Mais son envie de bouger, de changer va se concrétiser lorsqu’elle rencontre un homme vêtu d’une large veste en cuir se présentant comme « Le Docteur ». Humain uniquement d’apparence, le personnage vient d’ailleurs, et pas d’Australie, mais par-delà notre système solaire. Il est en réalité un Seigneur du Temps âgé de 900 ans, voyageant parmi les étoiles à l’aide de son vaisseau camouflé en « Police Box », le TARDIS (Time And Relative Dimension In Space), qui permet également de se déplacer dans le temps pour voir l’avenir, ou le passé. Possédant une personnalité multifacette, le Docteur, dernier de son espèce, voyage donc sans cesse pour sauver l’espèce humaine, à laquelle il est attaché.
Véritable suite de la série originale, cette nouvelle saison reprend donc les codes de sa grande sœur, à l’image du TARDIS (une icône de la série) et a permit de relancer fortement l’intérêt du public anglais pour la série. Ainsi, Le Docteur de 2005 est en fait le neuvième du nom, puisque ce dernier possède la capacité de régénération, lui permettant de tromper la mort, impliquant cependant un changement total de physique. Une belle pirouette scénaristique pour rendre le changement d’acteur crédible et la transition plus agréable. Par ailleurs, Le Docteur garde l’habitude de voyager accompagné, et c’est dès le premier épisode que Rose le rejoint pour l’assister dans son périple, qui renforcera fortement les liens entre eux.
Le Docteur et Rose à l’intérieur du TARDIS
So british
Véritable phénomène de société au Royaume-Uni, le premier épisode a réuni 10,81 millions de téléspectateurs lors de sa diffusion, alors que de notre côté de la Manche, la série a reçu un accueil bien plus timide. La raison est simple, elle s’appelle la différence culturelle. En effet, Doctor Who possède un charme britannique, qui se retrouve dans son humour « discret » et de second degré. N’espérez pas y voir de bonnes grosses vannes bien lourdes, des gags moisis, des pets ou des rires gras. Ici, tout se joue dans les mots, les intonations et les expressions des acteurs, plus que dans leurs mouvements. Oubliez également les morts et le sang à profusion, Le Docteur la joue plus subtil.
Par ailleurs, la série adopte un côté cheap, sûrement en partie dû à des moyens non hollywoodiens, mais qui lui donne une personnalité forte. On pense alors à certains films britanniques tels que Billy Elliot ou Full Monty, par exemple, qui racontent une histoire avant d’en mettre plein les yeux. On retrouve aussi ce côté dans les extra-terrestres, très nombreux, que vous croiserez au fil de la saison. Ce ne sont pas les Na’vi de James Cameron, mais encore une fois, ils apportent du cachet à la série et jouent la carte du décalage qui fait sourire (les premiers ennemis sont des mannequins de magasin, contrôlés par un alien en plastique vivant).
Ainsi, si la culture et l’humour anglais vous donnent des boutons, je vous suggère de trouver une autre série à regarder. Mais si ce n’est pas votre cas, empressez vous de jeter un œil à la série, ne serait-ce que par curiosité, et laissez le doux son du TARDIS vous emporter.
Le Docteur, la force principale de la série
Un héros charismatique
Le Docteur crée à lui seul l’un des intérêts de la série puisque son interprète, Christopher Eccleston, possède suffisamment de charisme pour rendre immédiatement le héros attachant. Là encore, le but n’est pas d’embaucher un sex-symbole, mais de trouver l’acteur capable d’incarner ce personnage un peu fou, hyperactif, optimiste, mais aussi sensible et parfois sombre, voire effrayant. Car Doctor Who est une série qui s’adresse à un public d’adultes et de jeunes adultes principalement, plus qu’aux adolescents.
Ainsi, si l’on tombera rapidement amoureux du Docteur, les autres personnages, qu’ils soient récurrents ou non, affichent eux aussi un charisme et une personnalité propres. Rose Tyler, l’héroïne, devenue la nouvelle compagne du Docteur, possède elle aussi son caractère. Complètement fascinée par le docteur et jalouse de ceux qui l’éloignent de lui, elle joue le rôle d’une véritable assistante, une « apprentie Docteur » qui le tirera plusieurs fois de mauvaises situations. Mickey, le copain de Rose est de son côté une sorte de chochotte toujours attaché à sa copine pour se réconforter, quand à Jackie, la mère, elle ne peut pas encadrer le Docteur qui lui a volé sa fille. On notera aussi le comportement dragueur du capitaine Jack, présent dans plusieurs épisodes, qui apporte une dose d’humour supplémentaire (le personnage est d’ailleurs le héros d’une autre série réalisée par Davies, Torchwood, liée à Doctor Who). On appréciera également les seconds rôles comme, entre autres, la dernière humaine Cassandra O’Brien Point Delta 17, Henry Van Statten, possesseur d’Internet, ou le Rédacteur en chef du Satellite 5.
Le capitaine Jack Harkness, au style très différent du Docteur
Des atouts décisifs
Premièrement, la série utilise comme trame principale un véritable rêve, un fantasme de tout amateur de science-fiction : le voyage dans le temps et dans tout l’univers. On aura alors tous envie de voir le TARDIS atterrir au coin de la rue, virer Rose à coup de pied et prendre sa place. Ainsi, il est amusant de revenir dans le passé et côtoyer Charles Dickens, ou de résoudre une énigme alien sous les bombes allemandes au cœur du Londres de 1940. Car à chaque épisode se dessine un nouvel « ennemi » venu d’ailleurs, pas toujours dévoilé au début de l’intrigue. Mais faire un tour dans le futur est encore plus intéressant, comme assister à la destruction de la Terre en l’an 5 millions ou voir le Docteur et Rose piégés dans des versions futuristes de « Big Brother » et « The Weakest Link » (Loft Story et Le Maillon Faible en France). Et l’une des nombreuses choses qui font le charme de cette série, c’est le fait que les visions de l’avenir des réalisateurs sonnent incroyablement « vrai ». C’est vrai, personne ne peut dire ce qui se passera ne serait-ce que dans un an, n’empêche qu’en regardant le Docteur voyager ici et là, on a cette impression que ce futur pourrait facilement être le bon, qu’il semble cohérent. Et du coup, les aventures gagnent en intensité et permettent de s’intéresser aux personnages plus qu’aux environnements. Ensuite, plusieurs intrigues se déroulent en 2005, à Londres, et représentent les premiers contacts humains avec des formes de vie extra-terrestres. Là aussi, c’est amusant de s’imaginer dans quel état on serait si on apprenait qu’un vaisseau alien s’était crashé dans la Tamise en tapant Big Ben.
L’anéantissement de la Terre : une attraction en l’an 5 millions
Ensuite, comme je l’ai déjà dit plus haut, les adversaires du docteur sont une véritable force de la série. À la fois très variés, certains restent malgré tous des habitués et en deviennent récurrents, faisant une apparition dans chaque saison.
Ainsi, dans cette pléthore d’aliens, laissez-moi citer quelques spécimens assez atypiques. Commençons donc avec les Slitheen, des espèces de machins de deux mètres de haut, verts et aux griffes acérées, au visage tout rond et à la voix modifiée, qui se camoufle en s’habillant avec de la peau humaine. Il y a aussi les Geths, qui survivent dans le gaz, ou des sortes de démons du temps censés réparer une faille temporelle. Mais le Docteur est aussi confronté à des humains possédés ou modifiés par une quelconque source extra-terrestre. C’est pourquoi il devra affronter des humains génétiquement modifiés répétant sans cesse « Are you my Momy ? » (J’essaye de vous éviter un maximum le spoil). Mais, et je voulais finir cette partie sur les aliens avec eux, il reste un type d’ennemi. Un ennemi indissociable du Docteur, le plus redoutable et le plus présent dans son histoire, une des icônes les plus fortes de la série : les Daleks. Ces aliens sont au moins aussi vieux que le Docteur, et se présentent comme une grosse poivrière en métal a l’intérieur de laquelle se tient un être génétiquement retravaillé. Les Daleks ne ressentent qu’une seule chose, la haine, et n’ont qu’un seul but : détruire tout ce qui n’est pas comme eux. Ce sont des génies presque imbattables tant leur armement et protection sont efficaces. Dit comme ça, on s’imagine aisément un super guerrier métallisé et super stylisé. Mais en fait, quand on les voit, on les trouve amusants et presque mignons, inoffensifs. Et c’est là que la série est aussi forte, puisqu’elle conserve toujours son côté décalé, sans tomber dans l’incohérence et le ridicule. Et puis, les conversations des Daleks font aussi leur charme, car avec leur voix métallique, ils enchaînent principalement les : « Doctooooor ? », « Exterminate ! ». Des méchants si charismatiques, alors qu’ils ne sont qu’une boîte en métal, en deviennent presque des héros, et on attend à chaque saison leur arrivée, toujours inattendue.
Les Daleks, les grands méchants
Enfin, dans Doctor Who, l’intrigue est également importante. Si l’on a l’impression que chaque épisode est indépendant, on aurait tort de le croire, car ils font, pour la plupart, avancer l’histoire, que ce soit en ajoutant un personnage, en faisant évoluer les relations entre eux, etc. Par ailleurs, sans que vous ne vous en rendiez compte, des éléments vont se répéter au fil des épisodes, afin de créer une intrigue de fond qui ne se dévoilera qu’à la fin de chaque saison. Je vous invite donc à déjà faire attention dans la première saison, dès les premiers épisodes, à déceler des points communs, qu’on ne remarque pas forcément sans y prêter attention.
En résumé
Doctor Who est une bonne surprise, une petite pépite télévisuelle qui se regarde avec un grand plaisir. Les personnages, les aliens, les environnements, tout est baigné dans une ambiance unique au style 100 % british et surmonté d’une touche d’humour légère. Aucun ridicule, tout reste cohérent et l’intrigue n’a aucun mal à nous émouvoir quand elle le veut, et ce, grâce au bon jeu des acteurs. Russel T. Davies a donc réussi à faire de cette mise à jour un véritable succès, une série passionnante qui nous fait voyager aux confins de l’univers. Et au final, on ne redoute qu’une seule chose, c’est que le Docteur s’arrête un jour.
Producteur exécutif : Russel T. Davies
Casting principal : Christopher Eccleston (Le Docteur), Billie Piper (Rose Tyler), Camille Coduri (Jackie Tyler), Noel Clark (Mickey Smith), John Barrowman (Jack Harkness)
Chaîne de diffusion U.K : BBC
Genre : Science-Fiction, Aventure
Durée d’un épisode : 45 minutes environ
Nombre d’épisodes : 13 + 1 spécial
Sortie DVD France : 8 mars 2006 – 25 € (prix internet)

