Depuis une quinzaine d’années, une paix règne entre le Khaiem – une union de treize cités dotées chacune d’un gouverneur, le Khai, et protégée par l’ordre des poètes – et la Galt. Lors de la guerre, des villes entières ont été détruites et des innocents tués. Le quotidien d’un conflit.
Mais il y avait quelque chose de particulier dans cet affrontement : en premier lieu, le Khaiem n’avait pas d’armée. Depuis des générations les poètes suffisaient pour se défendre. Ces hommes avaient le pouvoir, par leurs études, de choisir les mots précis permettant de contraindre des concepts, les andats. Ainsi existait, par exemple, Pierre-Rendu-Tendre qui permettait de transformer de la pierre la plus dure en l’argile le plus molle ou inversement. Mais le général Balasar a réussi à faire disparaître ces entités et à massacrer tous les poètes. De là, ce n’était que des terres sans résistance qui s’offraient à lui. Son plan parfait avait simplement omis de prendre en compte un homme : Otah, Khai de Machi…
Ensuite la paix n’a été signée que de manière contrainte et forcée par les deux camps. Il n’y a pas eu de vainqueur. Car les deux derniers poètes, Maati et Cehmai, ont tenté de contraindre un andat, Stérile. Celui-ci a cependant réussi à s’échapper, castrant par la même tous les hommes de la Galt et rendant stériles toutes les femmes du Khaiem. Les deux peuples sont ainsi devenus des nations vieillissantes et les pleurs des nourrissons furent peu à peu oubliés.
Otah Machi, qui a reçu durant la guerre le titre d’empereur du Khaiem, tente de rétablir la situation. Il cherche à nouer une alliance avec la Galt et ainsi ne former plus qu’une seule nation : leurs femmes avec ses hommes. Cependant, la fille d’un membre du conseil de la Galt qui doit épouser son fils refuse publiquement de lui donner son corps, les pirates attaquent ses côtes, et un matin, tous les hommes de Galt deviennent aveugles.
Maati cherche, lui aussi, un remède au problème de la stérilité. Il veut recréer l’ordre des poètes pour réparer ses tords. Et pour cela il choisit, afin de s’éloigner au maximum des idées réalisées par ses prédécesseurs, de former des femmes…
Les deux hommes, à la fois amis et ennemis, arriveront-ils à sauver le monde ? S’accrocheront-ils à leur orgueil ou chercheront-ils une solution pour que la paix revienne ?
C’est ainsi que l’excellente série Les cités de Lumière se termine. Il a fallu pas moins de quatre ouvrages à Daniel Abraham pour nous offrir, avec sa délicieuse écriture, une histoire mélangeant initiation – jusqu’au dernier tome ! – de ses deux personnages principaux, aventures tant militaires que pacifiques, complots, trahisons et assassinats politiques, etc. C’est sur une note que certains estimeront triste que se termine la vie de nos héros. De notre point de vu, c’est au contraire une fin magnifique et pleine d’espérance !
La galerie de personnage de Daniel Abraham rentrera dans l’histoire et, d’ici quelques années, la tétralogie Les cités de Lumières sera considérée comme un des grands classiques ! S’il y a une série à lire en 2012, la voilà.
La Saison de la Paix
Les Cités de Lumière T4
Daniel Abraham
Fleuve Noir
23 €